Présentation du projet
Après deux ans passés au sein de l’ENSAIA (Ecole Nationale Supérieure d’Agronomie et des Industries Alimentaires) à Nancy, j’ai souhaité mettre à profit l’année de césure qui m’est proposée entre ma 2ème et ma 3ème année d’études pour mener à bien un projet de développement rural dans des pays du Sud.
Ayant vécu 15 ans à l’étranger (au Mali, en Guyane et en Côte d'Ivoire), je me sens particulièrement concernée par les problèmes de sécurisation alimentaire et de développement économique et social des pays en voie de développement. De plus, ce projet « Structuration d’une filière pomme de terre en Afrique sahélienne » s’inscrit parfaitement dans mon projet professionnel puisque je vais effectuer mon année de spécialisation en Agronomie tropicale au CNEARC à Montpellier.
Après plusieurs semaines de recherche de stage au sein d’ONG et d’organisme de développement, j’ai été mise en contact avec Bernard Jouan qui m'a présenté l'association Agro Sans Frontière et qui m'a proposé plusieurs projets en Afrique de l'Ouest, et plus particulièrement ce projet de structuration d'une filière pomme de terre en Afrique sahélienne. Ce projet, qui m'amènera à étudier les pratiques agricoles de plusieurs pays m'a tout de suite intéressée. En effet, ce projet comporte de nombreux aspects (agronomique, technique, économique et humain) qui m'ont motivée. J'ai donc décidé d'effectuer un séjour de 4 mois au Mali, au Burkina et au Niger de janvier à mai 2008 afin de mener cette étude.
Ce projet me tient particulièrement à coeur puisqu'il concerne le développement agricole et rural de 3 pays du Sud, or ce type de projet est précisément une voie de l'agronomie dans laquelle je désire m'investir. Je souhaite apporter mes compétences et ma motivation aux agriculteurs que je rencontrerai en Afrique et à Agro Sans Frontières pour mener la mission qui m’est confiée.
Mes principaux objectifs sont de dresser un état des lieux de la filière pomme de terre au Mali, au Burkina et au Niger (marchés, quantités produites, techniques culturales, conservation, parasitisme, difficultés rencontrées, labels, regroupements de producteurs...) et de proposer des pistes d'évolution et d'amélioration afin d'aboutir à une meilleure structuration de la filière pomme de terre en milieu sahélien. Ces pistes d'évolution et d'amélioration proviendront aussi bien de connaissances agronomiques et d'études en cours que de la comparaison des techniques culturales maliennes, burkinabées et nigériennes.
Cette étude sera la plus complète possible, j'aimerais qu'elle serve de base à une campagne d'information et de sensibilisation en ce qui concerne la culture de pomme de terre en milieu sahélien auprès des agriculteurs.
Il serait également intéressant de croiser cette étude avec de précédentes analyses d'ASF. Je pense à l'utilisation de pesticides naturels (à partir du Neem) ou de biocarburants (à partir du Jatropha) pour la culture de pomme de terre. Ceci permettrait de développer plusieurs filières de manière conjointe et de mettre à disposition des agriculteurs des insecticides ou du carburant à un prix abordable, sans effets néfastes pour la santé ou l'environnement.
Pour cela, il faudra réaliser un état des lieux des ressources en pomme de terre au Mali, au Burkina et au Niger ainsi qu'une étude des besoins réels du marché. Je contacterai les collectivités locales, les associations et les entreprises susceptibles de participer à la réalisation de ce projet. L'action d'information et de sensibilisation sur place prendra forme à travers la réalisation d'un guide de vulgarisation sur la culture de pomme de terre, sa récolte, sa conservation et la lutte contre les agents pathogènes.
Résumé
Ce projet est une analyse et une structuration d’une filière pomme de terre en Afrique sahélienne
(Mali, Burkina et Niger). Je travaillerai avec le soutien de Bernard Jouan d’Agro Sans Frontières (ASF), qui m’a guidée dans le choix du sujet en avril 2007 et qui m’a fourni les premiers
contacts sur place.
Le projet choisi semble approprié au contexte malien, burkinabé et nigérien… Si on veut tendre vers l'autosuffisance alimentaire et procurer des revenus en Afrique de l'Ouest, le
développement des cultures vivrières de diversification est indispensable. Les plantes à racines et tubercules méritent une attention particulière en
raison de leur grand potentiel de production et des possibilités intéressantes de tenue après récolte.
La pomme de terre, à l’exception de quelques zones spécialisées, demeure encore une « petite production » dont la consommation est souvent réservée à une clientèle aisée. Elle pourrait occuper une place plus importante dans les systèmes maraîchers sahéliens si un certain nombre de facteurs limitants étaient levés : accès aux semences, calendrier et pratiques de production, maîtrise du parasitisme, conservation, commercialisation, transformations, formation-organisation paysannes, habitudes alimentaires, etc.
L’étude consisterait à dresser un état des lieux de la production, des organisations, des problèmes et des besoins dans chaque pays afin d'élaborer un projet global pour les années à venir. Les conclusions de l’étude feront l’objet d’un rapport qui rendra compte des résultats obtenus et des observations liées aux activités agricoles. Il proposera le matériel et les conditions les mieux adaptés à une culture de pomme de terre contrôlée et à moindre coût. La réalisation d'un guide de vulgarisation pour la culture de pomme de terre est également programmée.
Les principaux coûts de ce stage au sein d’ASF résidant dans les trajets à effectuer pour rencontrer les parties prenantes du projet dans les différents pays et dans la mise en place
d’éventuelles parcelles-test.
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